Yannick tira de sa poche quelques pi?ces qu'il laissa sur le comptoir, et sans ?changer un regard nous sort?mes, sourds aux apostrophes press?es. Deux ou trois tent?rent de nous suivre, mais Yannick se retourna, les poings sur les hanches, et ?mit un grognement caverneux.Les premiers journalistes sur place durent donc se rabattre sur Joseph et Fran?oise, autant pisser dans un biniou. Mais nous savions de toute fa?on que le temps nous ?tait compt? et qu'il nous faudrait t?t ou tard faire face ? la meute.La sonnette de la porte d'entr?e retentit. Je n'attendais plus personne depuis longtemps, et un dimanche, ce ne pouvait ?tre l'almanach des postes. Je saisis la poign?e de la porte avec un mauvais pressentiment. Un korrigan, peut-?tre? Au point o? j'en ?tais... J'ouvris.Devant moi se tenait Bart Goitrel, dit l'H?ritier.La trogne empourpr?e et le fusil de chasse dans le creux de l'avant-bras, il affichait un sourire carnassier."T'inqui?te pas, juste un petit verre, histoire de dire bonjour."D?cid?ment, Bart lisait dans mes pens?es, car j'?tais justement tr?s inquiet. Un Goitrel bourr? et insistant ?tait la derni?re mal?diction que je pouvais envisager dans l'ambiance d?j? pourrie de mon salon. Malgr? le poids de la fatalit?, je continuai de tergiverser. "Pourquoi as-tu amen? ton fusil?"